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Portrait de Vanina Bellini
À lire : « 50 % des sons de la nature ont disparu en 50 ans »

« Je plaide pour une "écologie du paysage sonore", développe l’Américain Bernie Krause, 74 ans, docteur en bioacoustique et figure emblématique de la musique électronique. La nature vit en harmonie acoustique. Chaque forêt génère sa propre signature acoustique, qui est une expression organisée et immédiate des insectes, des reptiles, des amphibiens, des oiseaux et des mammifères. C'est cette voix naturelle et collective à laquelle je fais allusion quand je parle de grand orchestre animal. »
Or, les méthodes anciennes se limitaient à la capture fragmentaire des appels et chants d'espèces individuelles, essentiellement des oiseaux. Plus tard, aux grenouilles et aux mammifères. « Ces techniques revenaient à tenter de comprendre la Cinquième symphonie de Beethoven en isolant la voix d'un seul violon sans entendre le reste de l'orchestre. L'écologie du paysage sonore se révèle, elle, un excellent outil diagnostique pour évaluer l'état de santé des habitats naturels et mesurer l'impact d'événements tels que le réchauffement climatique. J'ai enregistré plus de 4 500 heures d'ambiance naturelle. La triste vérité est que près de 50 % des habitats figurant dans mes archives récoltées au cours de ces quarante-cinq dernières années sont si gravement dégradés que beaucoup de ces paysages sonores naturels ne peuvent plus être entendus. » L’ouvrage est un puissant manifeste en faveur d'une écologie des sons.

Le Grand orchestre animal. Bernie Krause. 324 pages. Flammarion. 21,85 euros

Photo peuplelou CC SA